lundi 4 mars 2013

La Reprise

Voilà, c'est la reprise. Mais qui est repris, du vélo ou de moi-même, c'est bien là la question. Après une incitation oulipienne à tendance fournélienne, je me suis senti un athlète dans ma tête avec un pressant besoin de vélo et c'est véli-vélo que par un dimanche de beau temps je suis reparti pour de nouvelles aventures, que j'espère plus soutenues que ces dernières années. Pélerinage vers la côte de Maître Jacques, oulipien sans le savoir. Et la chance de pouvoir profiter de deux jours de beau pour aller à Duranus, frôlant le Saut des Français sans accepter le défi, franchissant le nouveau pont sur l'Estéron, le pont Louis Nucéra ; puis un retour vers le col de Vence, franchi des années en arrière.

mercredi 4 janvier 2012

La cyclosophie virtuelle

Voici donc une application internet (déjà utilisée par Le Gaillard Jean-Claude, lors d'une de nos sorties) que j'ai redécouverte récemment après le renouvelement de mon mobile en smartphone : c'est strava.com Pour les amoureux des cartes, des parcours, du kilométrage, du dénivelé (et éventuellement des vitesses et moyennes, mais là il y a de moins en moins à pavoiser)c'est un petit bonheur : à votre arrivée retrouver ces infos directement sur votre ordi avec en piment supplémentaire votre temps détaillé sur les côtes ; si cela vous dit regarder les quelques balades que j'ai expérimentées avec en prime le temps de base pour la montée du Mesnil-Grimaçant ! A vos applis, comme ça nous roulerons ensemble sur les mêmes parcours, dans les mêmes côtes mais quand ça nous chante ! Des fois plus tard, vous verrez on fera encore du vélo en peloton mais pour l'instant à vos échappées et vos applis !! Une fois aussi, en marchant j'ai filmé alors je joins ce film c'est un essai pour voir, toujours l'effet smartphone du débutant ! Eddy

lundi 12 septembre 2011

11ème cyclosophale, Corse du Sud, édition 2011.3

3) Bonifacio-Aullène, par Sartène Je l’appréhende un peu celle-là, à cause de sa dénivelée. Le calcul de la dénivelée à partir de Google Earth était impressionnant. Bastien Fabre et Mario Labelle m’ont quelque peu rassuré. Le calcul de la dénivelée via l’évaluation satellitaire est farfelue. Les points que nous traçons sur le logiciel le sont dans l’à-peu-près. Ils peuvent se situer, pour le satellite qui les repère, tour à tour dans le ravin ou sur la falaise un peu à gauche ou à droite de la route, d’où l’augmentation conséquente de la dénivelée. Ce qui s’illustre parfaitement avec le tracé de la dénivellée obtenu à partir de GE. Dans la montée d’un col, il y a des pentes extrêmes sur quelques dizaines de mètres, suivies de redescentes, toujours sur quelques dizaines de mètres, non moins extrêmes. Openrunner donne des renseignements plus fiables. Sur le réel des routes, ce sera 130 km et 2400 m de dénivelée, assorti d’une pente maxi à 17%, notamment sur la petite départementale 548, aussi paisible que virulente. Dernier à passer dans la salle de bain-ouatère (« j’achille un bon coup », comme le dit mythologiquement notre camarade Cyclobasse), dernier à partir. Je retrouve Legroupe (des échappés, bien sûr) et nous roulons de conserve. De concert aussi. Ça flanche dans quelques sauvages montées qui nous font découvrir, en de brusques flambées, l’entrelacement toujours aussi fascinant de pointes rocheuses et de mer, de gris-rosés ardents, d’auréoles vert sombre et de bleu profond. J’en profite pour virer à droite vers Figari à la conquête de la modeste bocca di Laggiarinu (2A-0131) – forte pente où le dérailleur à la recherche du plus petit fait dérailler la chaîne. Ce qui me confronte au vide intersidéral des dents d’accroche soudainement disparues et c’est la chute, sans dommage. Sans dommage corporel mais non pas spirituel car tomber chaque jour entame la confiance dans la portance et dans la solidité du monde et de ses appuis. Demi-tour pour retrouver la nationale, seule route pour gagner Sartène, heureusement pas trop encombrée. Dans la dernière longue montée vers Sartène, je retrouve un Freddo à la dérive, s’écoulant sur le bord de la route. Il fait bien chaud. Puis ce sont J-B, Fred et Bernard qui me disent que Dimahi au volant de la dacia cherche un coin pour le pique-nique. C’est la bocca Albitrina (291). Une station service où je vais me ravitailler en coca – je prends le grand format – et voilà la dacia et son mahi de conducteur. Il a trouvé une plage, c’est à 13 km plus bas, un détour qui vaut le détour et même le voyage – rectangle à fond vert selon Michelin. Tizzano. Pour ma part, j’y passerai dans trois jours pour la bocca di Silicaja et la bocca di Capirossu et constaterai 17 km au compteur Polar, distance corroborée par Michelin. Notre méhari est enthousiaste, il aime le bord de mer et se propose de remonter les vélos après le pique-nique. Mais bien sûr, pour ceux qui le souhaitent, car il sait que les inconditionnels du vélocipède remonteront à vélo. Je ne me tâte pas bien longtemps (c’est impudique) car je sais que j’ai encore de la route à faire pour gagner Aullène par Pantano, Carbini, Levie et Zonza. Encore une fois les circonstances contrarient le regroupement cyclosophique. Au lieu que nous mangions à Sartène tous ensemble, je grignoterai au long des chemins de traverse – voire de rallonge. Je visite Sartène car je ne trouve pas la D148, faute d’indications. Après l’animation de Sartène, c’est la sérénité des petites routes comme on les aime, nous les cyclistes. Feuillus luxuriants, pas de voitures. La liberté à vélo. « Voici des ailes » comme le dit Maurice Leblanc, des ailes freinées par un revêtement en déroute et des montagnes russes qui convoquent irrémédiablement Newton et sa force de gravitation, Albert Londres et son image de forçats traînant des troncs d’arbres derrière leurs roues. Mais la plénitude des sensations à vélo est là, présente, comme dans le meilleur du périple à vélo. Bonne chaleur. De l’air, comme si vous n’étiez pas collés à la route. La Foce di Mela (2A-0325b) se mérite dans ses lacets finaux. Une jeune femme d’allure sportive, au volant de son 4x4, me prodigue force signes : de reconnaissance (est-elle cycliste ? fondeuse ? marathonienne ? randonneuse ?), d’encouragement, de complicité dans la conquête de l’inutile ? Toujours est-il que ça fait plaisir. Quelques habitations mais pas le moindre approvisionnement. Pantano, Tirolo, Orone déclinent autant de points hauts sur la sinusoïde que je décris. Et c’est Carbini et sa belle église pisane. San Giovanni Battista – une pensée pour le lascar, le baptiste – date du 12ème siècle, me dit le guide. « Les modillons sont sculptés de motifs géométriques, floraux, de figures humaines, l'abside conserve sa couverture originelle de teghje, le campanile du 12e a 7 étages et s'élève à 30 m. » Difficile à prendre en photo sans déformations intempestives … Quelques vieux du village, ou qui paraissent tels, regardent le touriste que je suis depuis leurs bancs, sur lesquels eux et leurs ancêtres usent leur fond de culotte depuis des lustres. De Carbini, il faut redescendre, c’est la surprise, pour passer le pont et remonter vers Levie. « Il suffit de passer le pont /C'est tout de suite l'aventure / Laisse-moi tenir ton jupon / J't'emmèn' visiter la nature. » Mais c’est mon vélo que j’emmène ou qui m’emmène et il n’a pas de jupon. Alors je tiens que l’guidon. Pas caréné mon vélo mais un beau chassis tout de même. On en a de drôles, de pensées, à vélo. Halte restauration à Levie. A la fontaine, en pente, pas moyen de retirer le pied de la cale et c’est encore la chute. Dieu de Dieu, quelle misère ! De Levie, cap au sud-ouest vers Ste Lucie de Tallano pour aller chercher le col de Piattone (2A-0665). Belle vue sur le versant, que je viens de parcourir, de l’autre côté du Fiumicicoli, lequel je viens de traverser sur le pont de Brassens, sans pouvoir identifier qui est Pantano, qui Foce di Mela, qui Tirolo ou Orone. Mais je sais qu’ils sont là, en face, incrustés dans les arbres et les rochers. Retour à Levie. De San Gavino di Carbini, la route gagne le col de Bulgara (2A-0737) avec de belles vues sur les aiguilles de Bavella. Un lacet bien venu pour franchir le Rizzanèse accorde au valeureux voyageur une vue d’ensemble sur le site de Zonza (BPF) – Beau Petit Fillage, à l’heure allemande. Mais Zonza n’est pas Aullène. Si le vélo fait oublier les dépenses qu’on lui consacre, nous faisant entrer dans l’éternité du mouvement, il arrive que le corps rappelle au cycliste qu’il va tout de même lui falloir redescendre dans la temporalité commune, quitter l’éternité et même descendre de sa monture. C’est ce qui m’arrive à Quenza. Je prends conscience que les plis de la montagne sont un peu trop boursoufflés, que les ponts nécessaires à la traversée des cours d’eau sont un peu trop bas. D’abord le torrent qui vient du col de Bavella et en amont du Monte Incudine, l’Asinao, ensuite le San Pietro qui lui est parallèle. Après, c’est Sorbollano, Serra di Scopamène. J’essaye d’évaluer les km restants. J’essaye de prévoir si je vais encore descendre ou encore monter avant d’atteindre Aullène et c’est bien là un signe intangible de lassitude physique. De la perte d’éternité et d’un regain d’obscurité du monde. Les jambes se rétabliront mais pour l’instant elles aspirent au repos. « On tend à considérer la métaphysique comme une sorte de nacelle pour nous élever vers le ciel avec des crochets célestes. Je la vois plutôt comme un véhicule lent, roulant au ras du sol, enregistrant les propriétés réelles des choses et la manière dont elles tiennent ensemble. » Claudine Tiercelin décrit bien là la métaphysique du vélo. Une métaphysique sous l’influence de la physique des particules et de la roue de la fortune. Une roue de la fortune, et non pas de fortune – sauf sur le vélo de Fred –, qui se métamorphose en roue d’Ixion pour un temps, avant que nous finissions, si nous n’y prenons pas garde, carbonisés. En lambeaux, traînant nos haillons sur le bord du chemin. Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. Demain, une douce étape, mi-Dacia, mi-Look, c’est la pensée que je caresse. L’hôtel de la Poste sent bon la tradition, l’enracinement et l’accueil des voyageurs. Les amis cyclosophes sont là. Le monde est à sa place. Et après la fastidieuse montée des bagages au second, c’est le plaisir de la bière sur la terrasse. Ce sont les déjà-là qui sont les otages de l’ancien cyclotouriste, qui sort ses souvenirs, ses catalogues de parcours où sont notées les distances entre les villes et villages de la région, qu’il a parcourue en des temps plus prospères. Splendeur et misère du cycliste immobilisé. Après un bon repas et avant un bon repos, pèlerinage au cimetière d’Aullène pour éprouver la dialectique de la finitude et de l’éternité.

vendredi 26 août 2011

11ème cyclosophale, Corse du Sud, édition 2011. 2

2ème journée pérégrine en Corse, juin 2011. Pascialella-Bonifacio (Le Padolo) Départ groupé des Bunga-love du Maquis. Mais déjà un échappé, Freddo. A la jonction du chemin et de la route, je m’arrête prendre une photo de la plaine en contrebas. En déséquilibre dans la pente, n’ayant pas défixé un pied, à l’arrêt, voulant sauver l’appareil photo de la probable brisure destinale, je m’abîme un tendon rotulien. Toute la semaine, il me restera une légère inflation et la crainte d’une tendinite fatale. Cela restera virtuel. Nous roulerons ensemble mais disséminés jusqu’au col de Bacinu (2A-809a). Question ontosociologique : que signifie « rouler ensemble » chez les cyclosophes et plus largement pour un groupe de cyclistes aux potentialités et aux pratiques hétérogènes ? Jusqu’où la dissémination est-elle contenue par l’être-ensemble du groupe ? A partir de quel seuil, l’étant groupal devient-il inconsistant ? Onfray a-t-il évoqué cette question dans ses logorrhées ? Lorsqu’on fraye au départ et à l’arrivée, comme lors de cette journée, cela permet-il sans abus de langage d’affirmer que nous avons « roulé ensemble » ? Rouler ensemble, c’est frayer une voie. L’ouverture du chemin et sa fermeture en groupe, avec dans l’entre-deux des gyrovagations diverses, me semble permettre de dire que nous avons roulé ensemble. Au col de Bacinu, avec Dimahi, nous attendons la troupe. Elle arrive en ordre dispersé. Mais point de Freddo. Il n’est pas devant, il est derrière. Il a reconverti son échappée en un retard, en bifurquant à gauche et non à droite, dès le départ.Son militantisme (?!) l'a perdu. Je pars à la recherche du col de Ferula sur un sentier. Mais après avoir vagué sur un sentier évanescent envahi par les ronces, je renonce. Le dieu Liste ne mérite pas trop de sacrifices. Il faut à la recherche des cols du plaisir comme stimulant. Onfray, je pense, serait d’accord avec moi sur ce point. Encore qu’il y ait plaisir et plaisir. Quel type de plaisir peut-on trouver à déniger Freud au moyen de racontars de type « tabloïd » ? Dénigrement et ressentiment envieux ne sont pas du côté du plaisir. Je reprends mon chemin, seul cette fois, mais toujours sur la route que frayent mes amis cyclophiles. Une petite visite à la bocca d’Ava et j’arrive à Orone sans avoir rejoint les cyclosophes. A quelques encablures, la Foce d’Olmo me tend son chemin. Il s’avérera inutile que je sois monté jusque-là car j’y repasserai dans quelques jours. Mais nos tracés sont incertains, notre devenir, flou, et la Liste se nourrit au jour le jour. De toute façon, qu'y a-t-il d'utile à vélo ? Nous ne faisons que décrire des chemins qui ne nous mènent nulle part, sur des palimpsestes sans cesse redessinés. Demi-tour. Descente jusqu’à la côte 228, repérée à la montée, et montée par un CV jusqu’à Borivoli. Alors je m’engage sur un chemin pour une quinzaine de km. Chemin repéré sur Géoportail mais qu’en est-il de sa viabilité réelle ? Maintenant, je ne peux plus dire que nous roulons ensemble. Sentiment plaisant de solitude. Réminiscence : « Seul, comme je l’ai toujours été » (Lacan, discours de Rome – je crois), je dissous mon ego dans un coin perdu, loin de toute route pour quelques heures. Un col et deux « bocca » plus loin – Colombanu, Crusciatoggia et Arjola – me voilà ayant retrouvé l’asphale à Tarrabucceta. Un peu avant, à Piscia, j’ai entr’aperçu une ferme auberge plutôt avenante. Jamais vraiment bien loin de tout ! Bel endroit en-dessous des bergeries de Naseo. Maintenant, je cherche à boire car j’ai très soif. Il fait bien chaud et c’est très agréable mais mon vélo ne porte plus ces 49 kg d’eau habituels. Bien sûr pour monter, je suis allégé, mais le revers de la médaille – toute médaille, même cyclosophique, comporte un revers à son avers – c’est que mon sang, précieux pour alimenter en oxygène les bielles qui meuvent mes roues, voit son taux de sel augmenter, et puis le glycogène a besoin d’eau, et puis s’impose la fameuse formule : 2% de manque d’eau, c’est une baisse de 20% de l’efficience musculaire, et puis j’ai soif, soif, très soif et toujours soif. Ne trouvant pas une trace de fontaine, aucun Bonnefont dans les parages, je frappe à la porte d’une maison à Pruno. Une femme avenante veut bien me remplir mes bidons. Avant, elle me les lave. Le coca qui les a emplis la veille a laissé des traces noires et ça, une ménagère ne peut le supporter. Elle est dans ce hameau perdu, et apparemment désert, en villégiature. Seule, elle semble s’ennuyer. Elle a bien son livre posé sur sa chaise longue mais lire toute la sainte journée, ça peut devenir fastitidieux. Alors on cause. Elle va bientôt prendre une collation – une invite ? Il n’y a, me précise-t-elle, aucune alimentation, aucun café à la ronde, avant que je ne rejoigne Boniface. Justement, je dois retrouver mes copains à Bonifacio ou dans les environs. J’ai encore un gâteau de riz – merci Monsieur Yabon – et quelques biscuits, diététiques bien évidemment. Après la bocca di Sardi – les Sardes sont donc passés par là – c’est le col di San Pietro (Saint-Pierre y est-il descendu ?) et à quelques encablures, c’est la N 198. A gauche, Porto Vecque et à droite, Boniface. Je sors la carte et calcule la distance nécessaire pour retourner vers Porto-Vecque et effectuer la boucle côtière sous la sus-dite, où sont égrenés trois petits cols. Ils étaient prévus au départ de Porto-Vecque mais, comme nous n’avons pas dormi dans la sus-dite mais plus à l’Est à Pascialella si vous m’avez bien suivi, ils manquent à l’appel de la Liste. Calcul kilométrique pour un calcul horaire. Il faut beaucoup calculer à vélo. Le km vaut du temps. Et le temps nous est compté. J'ai beau ne pas avoir l'heure - j'ai supprimé sur mon compteur l'affichage de l'heure - la trajectoire du soleil impose sa courbe. Je n’ai pas beaucoup de km aujourd'hui, encore des forces, renouvelées par l’eau, mais plus beaucoup de temps. Ce sont les données de l’équation à résoudre. Les km de chemin, c’est leur inconvénient, sont beaucoup plus gourmands en valeur temps que les km de route asphaltée. Je suis en plein calcul lorsque j’entends hurler et vociférer, et vois défiler sous mes yeux une troupe de cyclosophes lancée sur la nationale en direction de Boniface. Alors, finis les calculs, tout est réglé, je prends à droite. Je rejoins la troupe pour frayer avec elle la fin du parcours et pouvoir affirmer philosophiquement que nous avons roulé ensemble. Je trouve un groupe rassemblé mais quelque peu magmatique, avec à sa tête, sur la file de droite, un Dimahi qui lance ses ordres, tentant d’organiser une rotation régulière, par la gauche, en vue de relais brefs. Il n’y a pas beaucoup de vent. J’ai pris un rythme pour les rejoindre. Je passe en troisième file pour prendre un relais. Mais ça monte un peu juste à ce moment-là et rapidement je m’aperçois que je suis seul. Je crains d’avoir désorganisé l’organisation mahiesque. J’attends un peu et J-B et Bernard me rejoignent. Je comprends que les deux Fred, bien que sur la route, sont quelque peu en déroute. Moments de flottement car la côte est assez longue et il y en a d’autres en vue. Je réfléchis. Car à vélo, outre calculer, il faut parfois réfléchir un peu. Nous gîtons hors Boniface et la voie qui mène à notre gîte, la route de Sartène, évite Boniface. Nous serons alors sur la route du parcours du lendemain. Or, Boniface fait partie du Brevet des Provinces Françaises et comporte en outre un petit col (Saint-Roch, près de l’église du même nom). Logique donc de partir devant pour aller à Boniface recueillir le fruit de mes peines et recouvrir celles-ci d’un menu plaisir. Un vrai plaisir car la ville est belle, le site soutient sa réputation. Ensuite, c’est la Foce di Lera avant d’arriver au gîte. Gîte à oublier. Nous sommes 7 dans deux chambres avec une salle de bains-wouatère commune et je suis arrivé le dernier – donc pas la meilleure place. Le tenancier saoulant doit payer sa cotisation à quelque organisation; le plus mauvais rapport qualité-prix du séjour ! Mais c’est une bien belle journée encore. Passée dehors au soleil. Seulement 104 km et 2000 m de dénivelée. Un seul passage à 16%, 11 cols et un BPF. Belle soirée à Bonifacio, dont la visite du cimetière que J-B a hanté pendant un bon moment.

mercredi 17 août 2011

des nouvelles

Les blogs vivent et meurent celui-ci vivote, quand même merci à Hubert pour sa contribution en forme de récit corse corsé et sa collecte d'images. Des nouvelles donc, juste pour vous confirmer le permis de démolir de la cahute au mur ocre et cyclosophique place du boulingrin, pour faire plus grand, plus haut, plus fort sans doute ? Alors un sitting est prévu devant les bulldozers pour éviter cette perte effroyable de notre pan de mur ocre, tenez vous prêt ! Jerry Oldtimes nous fait un intéressant signalement de textes : le livre "le cycliste perdu" sur l'épopée ratée du premier tour du monde à vélo au début du XXe siècle, et un entretien de Jalabert avec un prof de fac spécialiste de l'antiquité sur leur amour du vélo dans Philosophie magazine, pourquoi pas ! Aussi voir à podcaster les lectures des "Forcenés" de Philippe Bordaz par Jacques Bonnafé sur France-culture tous ces midis !! A quand une folle journée, une bonne vieille sortie, une partie de manivelle entre cycloportes ? Pour ma part je reçois l'assistant de Hilla Becher, Chris Durham le samedi 27 août prochain pour une sortie à Dieppe et retour, départ de chez moi vers 8h30, si les jambes vous en disent !? Bien à vous E.Pancarte

mercredi 27 juillet 2011

11ème cyclosophale, Corse du Sud, édition 2011

1.Porto-Vecchio – Pascialella de Muratello. Nous partîme zahun, zahun, zahun et cinq ; qui entrain, qui en sncf, qui par railway et les cinq autres en dacia par motorway. Ainsi, nous nous retrouvâmes à 8 sur le ferry marseillais qui mettait voile pour le Porto-Vecque, ce mercredi soir 15 juin. Premières heures à contempler la côte, la mer et le couchant, longeant Porquerolles et devinant les lumières niçoises. Ensuite déception de Freddo qui voulait consommer du signe en mangeant sur le resto du bateau – un restaurant sur un bateau de croisière, oui. Mais quelle croisière sur ce raffiot vibrant ! J’étais seul à avoir amené mes provisions, sachant la piteuse nourriture servie sur ces ferries, mais je me joignis tout de même à la troupe pour consommer une pizza piteuse. La nuit fut propice à revisiter nos itinéraires en sus d’être ronflante et vibrante. Belle température et chaude luminosité étaient au rendez-vous dès le petit-déjeuner pris à Porto-Vecque. Nous fûmes 8 pendant trois étapes, puis 8 pour une demi-étape et 7 et 1 pour les deux étapes et demi suivantes. Vous me suivez ? Non, ils ne me suivirent pas. Sept et un car yen ahun qu’a toujours des choses à faire, un peu compliquées, un peu burlesques voire fantaisistes, alors nos routes se séparèrent pour mieux se rejoindre. Mais elles ne se rejoignirent pas car les 6 survivants firent grève le dernier jour, jour prévu des retrouvailles. Le fantasque n’était pas avec nous, il a renoncé à la vie groupale. Puis l’un des 7 repris le bateau à Ajaccio et nous fûmes alors 6 et un, le un fantaisiste cheminant seul. Après nous être goinfrés en vue des montagnes à absorber, lesquelles en parallèle dévorent notre substantifique moëlle, nous tentâmes d’organiser un départ groupé. Pas simple avec les disparités des lents et des rapides et de ceux qui partent diversement équipés versus ceux qui partent dévêtus, au plus léger. Les inquiets et les insouciants. Les prêts-à-affronter toute situation et les imprévoyants. Sur la traditionnelle photo de départ, on remarquera que nous nous sommes un peu décatis depuis l’année passée et que l’un a nettement grossi. Ce dont il pâtira dans les montées. Qu’un autre a une coupe de cheveux deleuzienne, prêt à affronter le fameux paradoxe du comédien. Qu’un autre est caché derrière un rouge – à moins qu’il n’ait déjà fait son échappée coutumière du matin. Il semblait chercher à obtenir le prix de la combativité. Dès l’amorce du premier parcours – prévu Porto-Vecque – Porto-Vecque – deux groupes se dessinaient. Deux dévoués partaient placer la voiture au point d’arrivée, tandis que les autres cherchaient la bonne rampe de lancement pour la Bavella et son col réputé. Car en fait P°Vq-P°Vq, trop redondant, circulaire et vicieux, voire autistique, était remplacé par P°Vq-Pascialella. Tandis qu’à l’Ospedale je partais glaner le col de Mela (2A-1068b) pour nourrir ma Liste avide et exigeante de cols nouveaux, Dimahieu attendait le regroupement de la troupe par cette première montée dispersée mais pas débandée. Passé le magnifique lac cerné d’arbres, où je m’arrêtais pour un moment de contemplation, évidemment extatique, non sans oublier de déguster un petit gâteau de riz au caramel – soigneusement préparé par le bon Monsieur Yabon – et une saladière thon-pasta (ici, il faudrait dénoncer la vilenie de la grande distribution qui a étranglé les savoureuses saladières du Capitaine Cook, notamment l’Orientale et l’Indienne, pour promouvoir les Saupiquet qui ne leur arrivent pas à la cheville), je redescendais, comme mes prédécesseurs, à la côte 940 où je bifurquais sur un bon chemin pour aller cueillir la bocca di Barocaggio (2A-969a) et satisfaire ainsi ma Liste. Col sans intérêt alors que le Mela d’avant ouvrait sur la vallée où cheminait sur le versant occidental la route accédant à Orone, Carbini et Levie, que nous emprunterons le lendemain. Puis ce fut Zonza (lieu inscrit dans le Livre sacré du Brevet des Provinces Françaises), où mes coreligionnaires en cyclosophie étaient en train de se baffrer. La journée est trop courte et les emplettes copieuses pour que je m’arrête. Les Aiguilles de Bavella retiennent de gros nuages noirs et il fait bien frais lorsque je m’arrête pour quelques regards et quelques photos. Je retrouve les occupants de la voiture immatriculée dans l’Aveyron, un couple d’âge moyen, qui m’avaient félicité et encouragé bien avant dans la montée. Seul, on a toujours droit dans les grandes montées à des propos admiratifs. Plus souvent de la part des femmes que des hommes ! Le souvenir de paroles admiratives, déjà bien anciennes, à l’altiport de Courchevel – je venais alors de Brides-les-Bains où je m’étais trouvé par inadvertance dans un hôtel pour curistes à surpoids où, après des regards d’abord circonspects, j’avais réussi à m’imposer parmi les curistes malgré l’affront de ma filiformité ! – puis lors de la montée à l’Artzamendi – où courbé sur mon vélo j’affrontais du 21% - me reviennent avec émotion, sans doute parce que je pensais les mériter davantage qu’aujourd'hui et qu’elles provenaient de jeunes femmes avenantes… Egalement le souvenir d’un Italien enthousiaste, au sommet du col de Preit permettant l’accès à ce magnifique et vaste plateau à plus de 2000 autour de la Rocca Maya (Piémont), alors que je m’arrêtais pour prendre des photos et dont je ne décryptais parmi le flot verbal que le mot « campionissimo » ! De là à me prendre pour Fausto Coppi, il n’y avait qu’un pas, que je ne réussis pas, celui-là, à franchir. Souvenirs, souvenirs. Il en faut bien avec l’âge, ils font du bien. Retour aux pins de Bavella – quelle sorte de pins, je ne sais pas – sculptés par les vents et entrelacés aux roches. Aiguilles de roches et pins avec aiguilles se marient à merveille. A nouveau la Corse enchanteresse – la montée avant Ospédale n’avait rien de particulier. Belle descente vers Solenzara et retour de la bonne chaleur. Sur la route de cette côte Est, je croise une kyrielle de cyclistes avec bagages, de toutes nationalités, reconnaissables à leurs drapeaux souvent dressés sur l’arrière de leurs engins. Leur lest les confine aux bosses de la route côtière. Du coup, je m’inquiète pour les parcours où j’aurais mes petits bagages dans la montagne. On se fait des grands bonjours, on appartient à la gente cycliste. A Favone, je trouve facilement le Chemin Vicinal qui va m’amener à la modeste bocca di Via (2A-075b), dans un joli vallon avec vue sur la mer et la côte. C’est ma Liste qui va être contente. Elle ne coche que des unités, elle se fout que ce soit un 1999 m ou un 16 m. Pas moi. Par contre, elle aime les 2000 et plus, car ils sont nécessaires pour valider les centaines – il lui faut 5 cols à plus de 2000 pour valider une centaine de cols. Elle a des exigences, ma Liste. Je cherche à boire et à manger car vivre de l’air du temps par un temps pareil, ça ne marche pas. Mais pas grand-chose à se mettre dans la bouche – très différente de la bocca sus-citée. Pause restauration à Ste Lucie de Porto-Vecque où je fonce dans une petite supérette. 1,5 l de coca, 1,5 d’eau, bananes et nectarines sont les bienvenus. Téléphone pour faire le point et attendre la troupe. Freddo a cassé son attache de selle et il est parti en voiture pour faire réparer son vélo à Porto-Vecque. Je me demande, malicieusement, s’il l’a cassée exprès… Vers Favone, j’avais croisé un feu tricolore qui commandait une circulation alternée car la moitié droite de la chaussée était en réfection. Le réflexe cycliste, passer tout de même à droite du bornage, avait alors surgi en moi mais la couleur gris mouillé indiquant du ciment humide y avait mis un coup d’arrêt. Pas pour Denis, ce que j’apprends par le téléphone. Il s’est vautré dans le ciment frais après un soleil, sa roue avant s’étant évidemment plantée dans cette couche baveuse mais néanmoins tourbeuse. Une baignade sera nécessaire à lui redorer le blason, bien terni comme l’indiquent les photos. Inutile d’attendre le gros de la troupe car elle a changé d’itinéraire. Feue la boucle côtière qui évite la nationale et passe par la Foce (2A-048), il s’agit de couper par la D559 pour gagner Pascialella de Muratello et les Bungalows du Maquis, notre gîte. Alors je poursuis sans attendre. La route côtière ne s’élève jamais bien haut mais est très accidentée, peu roulante. A Ste Trinité je retrouve la Nationale que je prends à rebrousse-poil pour gagner la D759 et la bocca di Razali (2A-058a), rejoignant ainsi la voie qu’a pris la petite troupe. Toujours de petites bosses, un peu usantes. Je fais, comme les autres apprendrai-je plus tard, bêtement le détour par Muratello. Au pied des quelques derniers km de montée pour Pascialella, je rencontre le Lascar et Fred, arrêtés au bord de la route, rêvant que la voiture pourrait venir les chercher pour leur épargner cette dernière difficulté. Jolie montée. Dans les bungalows du maquis, ça monte très fort. Je savais qu’avec tous les tours et détours, ce serait une longue étape. J’ai plus de 7h de route, 151 km et 2560 m de dénivelée. Ce sera la plus longue étape du séjour. Je peux me goinfrer car mon savant compteur m’indique que j’ai brûlé 4290 kcal. Ma Liste a, elle aussi, été bien nourrie avec 14 cols. Nous étions inquiets car des avis de voyageurs descendaient en flèche ce lieu de séjour ou d’étape – les méfaits d’un concurrent ? –, alors que c’est un superbe site et que nous y avons été bien accueillis, bien logés et nourris. Merci les Bungalove. PS : la première étape étant si longue à narrer, il n’y aura sans doute pas de suite. Dommage car la suite était non moins passionnante… - c’est le narrateur qui le dit.

mardi 24 mai 2011

Le pan de mur ocre

Oyez cyclosophes : la mal-nommée CRéA s'apprête à détruire le mur ocre de nos rendez-vous cyclistes afin d'améliorer je-ne-sais-quel transport collectif ! Que comptez-vous faire les braves ?

lundi 23 mai 2011

La Corse 2011 : le sud

et voilà le parcours : Porto-Vecchio jeudi 16 juin au matin et au soir 126 kms par col de l’Ospedalle, Zonza, Col de Bavella, Solenzara, et retour Porto-Vecchio Et tout le monde roule ce jour ! (logement à Pascialella de Muratello "Aux Bungalows du maquis" tel : 04 95 70 04 51 ou 06 26 37 08 98) Bonifacio vendredi 17 juin au soir 120 kms par D159 puis D59 Carbini ; Levie, Zonza, col de l’Ospedalle ; Porto-Vecchio ; Bonifacio (Residence hôtel le Padolo (0681000238) Aullène samedi 18 juin au soir 108 kms Par N196 puis D250 Sartène ; D148 Granace ; Sainte-Lucie de Tallano ; D20 Serra di Scopamène ; D420 Aullène (logement : Hotel de la Poste : 04 95 78 61 21) Corte dimanche 19 juin au soir 106 kms : Par D69 Zicavo ; Cozano, Col de verde ; Ghisoni ; Col de Sorba ; Vivario ; Venaco, Corte (logement Vanina Park, 1 route du calvaire, tel : 0495 470 653, à l’entrée de Corté prendre à Gauche jusqu’à l’hôpital puis derrière celui-ci à gauche encore vers la route du calvaire) = 1 appartement pour 3 et 2 studios de 2 personnes = total 297 € / 42,5 € par personne. Cargèse le Lundi 20 juin au soir 109 kms : D18 Castiria ; D84 Calacuccia ; Col de Vergio ; D70 Christinacce ; Vico, Sargone ; D81 Cargèse (par Porto et Piana 10 kms de plus) (Hotel punta de mare, Cargèse tel 04 95 26 44 33) Olmeto-Plage le mardi 21 juin au soir 113 kms : D81 Sagone ; Ajaccio ; D55 Porticcio ; Verghia ; D155 Arrieza, Serra di Ferro; D157 Olmeto-Plage (logement à l'Hôtel Escale à Porto Pollo (tel 0495740154) Propriano le mercredi 22 au soir : bateau 11kms ou parcours libre : clm par équipes séniors contre adultes ! y'a puka et kon y va b'entôt Boudou pi des gomm's e'd p'n'kart'

mardi 5 avril 2011

et la Corse bordel !

Alors il paraît qu'on va refaire la Corse, la version deux, celle sud, départ du haut, un tour et hop, on l'a fait, c'est bien à plus !